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"L’avenir de l’audit passe par des cabinets dédiés et structurés"

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Frédéric Chevallier (à gauche) et Manuel Le Roux (à droite), co-dirigeants de Talenz Audit
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Retrouvez chaque semaine notre interview sur un sujet d’actualité. Frédéric Chevallier et Manuel Le Roux, co-dirigeants de Talenz Audit, expliquent pourquoi ils ont crée un cabinet 100% dédié à l’audit, qui veut tutoyer les Big.
Qu’est-ce qui a motivé la création de Talenz Audit ?

M. Le Roux : A l’origine, il y a le réseau Talenz, créée en 2011, composé de 7 cabinets comptables indépendants, avec environ 1000 collaborateurs sur 34 sites. Ce réseau permet aux cabinets une homogénéité de méthodes et de compétences, de s’unir pour le développement commercial, les outils informatiques, d’avoir une réflexion sur les nouveaux produits. En tant que spécialistes de l’audit, nous avons voulu aller plus loin, avec les associés dont c’est une activité dominante. Nous avons crée une entité juridique distincte, Talenz Audit, dont la gouvernance est composée exclusivement de spécialistes audit : Jocelyn Michel, le président, Frédéric Chevallier et moi-même en tant que DG. Talenz Audit rassemble 15 associés et 150 collaborateurs, l’idée étant de concentrer notre savoir-faire pour répondre aux besoins, notamment de conformité et de sécurité informatique que nous avons identifiés chez nos clients. Seule une structure intégrée peut relever ce défi, avec une organisation matricielle, une doctrine, des outils. Nous avons ainsi des spécialistes, à la fois par compétences,  comme la consolidation, l’informatique, le fiscal, mais aussi par métier : banque-assurance, associations, agroalimentaire, transports, etc.

Quelles prestations délivrez-vous ?

F. Chevallier : Notre offre couvre tous les aspects de l’audit contractuel et légal. Nous proposons ainsi des audits de gestion, des audits sur le contrôle interne (social, fiscal, etc), sur les procédures, des audits spécifiques de la fraude, l’audit des données extra-financières, des audits dans le cadre de restructurations, ou encore des audits du risque, qui passent par une cartographie globale des risques de l’entreprise. Sans oublier également les due diligences dans le cadre des fusions-acquisitions, soit pour le compte du vendeur, soit pour celui de l’acquéreur.

L’audit informatique est pour nous une offre cruciale

L’audit informatique est pour nous une offre cruciale, pour laquelle il y a du potentiel car il concerne aujourd’hui  toutes les entreprises, PME comprises. Nous avons une équipe de dix personnes dédiées, et nous travaillons actuellement sur une offre de piste d’audit fiable. Ceci pour garantir la fiabilité des informations dématérialisées, en conformité avec les exigences des services fiscaux. Dans le domaine légal, nous proposons les missions prévues par les textes, de commissariat aux comptes et commissariat aux apports notamment.

En matière légale, quelles conséquences voyez-vous à  la loi Pacte ?

M. L : Cette loi a été un accélérateur pour notre projet de structure dédiée. Car elle nous a obligés à rebattre les cartes, à anticiper l’évolution de la profession et à nous adapter à un nouveau contexte. Aujourd’hui, clairement, le métier de l’audit évolue vers une plus grande spécialisation et vers des structures solides et ayant des ressources. Les petits cabinets comptables qui maintiennent l’activité audit vont être en difficulté. A notre niveau, nous n’avons pas ressenti de bouleversement en matière légale, car les petites structures pour lesquelles nous travaillons maintiennent majoritairement nos mandats. Ceci, pour plusieurs raisons : par exemple, quand il y a un co-actionnariat, l’audit légal est apprécié comme garantie. Nous avons aussi des clients qui travaillent avec des collectivités, dans le cadre de délégation de service public, elles souhaitent  également maintenir un audit. De plus, nous avons une clientèle très diversifiée, qui va des sociétés cotées jusqu’aux PME, ce qui est un atout.

Proposez-vous les nouvelles missions Alpe et l’audit PE ?
Nous ne sommes pas spécialement séduits par Alpe

M L : Nous ne sommes pas spécialement séduits par Alpe, qui se veut une mission simplifiée avec un mandat de trois ans, mais qui implique en réalité une approche complexe, avec la réalisation de rapports spécifiques sur les risques. En revanche, nous proposons la mission PE classique, qui court sur six ans, adaptée aux petites structures. Lorsque j’ai proposé à mes clients le choix entre l’audit Alpe et PE, mes clients se sont prononcés en faveur de PE.

Quelles ambitions nourrissez-vous pour Talenz Audit ?

FC : Avec nos 2000 mandats, nous nous positionnons comme complémentaires des Big, avec une vraie légitimité sur des marchés spécifiques comme les mutuelles, assurances, le secteur associatif, les PME etc. Nous avons des bureaux à Paris et en province, et nous espérons nous développer au-dessus de la croissance de la profession (qui est à +2,5%) pour passer de 15 M€ de CA à 20M€, dans les 2 ou 3 ans à venir.

Propos recueillis par Olga Stancevic
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Propos recueillis par Olga Stancevic