Les 2440 cabinets comptables interrogés par l'Ifac, dont la majorité exerce en Europe, estiment à 41% que leur priorité est de rester à jour de la réglementation et des normes. Ils sont un quart à placer le défi d'attirer et de conserver les clients.
D'abord la technique, ensuite le commercial. C'est ainsi que l'on pourrait interpréter les préoccupations des 2440 cabinets, dont les trois quart ont une taille comprise entre 1 et 5 personnes, récemment interrogés (*) par l'Ifac (international federation of accountants). Ils sont en effet 41% à faire du besoin de se tenir à jour de la réglementation et des normes leur priorité (voir notre graphique et passer le curseur de la souris sur la loupe pour agrandir l'affichage). Viennent ensuite le défi d'attirer et de conserver les clients, pour 25% des cabinets, puis l'équilibre entre la vie personnelle et professionnelle, pour 11%. Une situation analogue à celle relevée un an plus tôt (
lire notre article).
La préoccupation technique est inversement proportionnelle à la taille du cabinet
Ces tendances doivent être nuancées à plusieurs titres. On s'aperçoit qu'elles ne sont pas les mêmes selon la taille des cabinets. Précisément, la préoccupation technique apparaît inversement proportionnelle à la taille du cabinet. Tel n'est pas le cas de celle davantage commerciale qui est indépendante de la taille. A la différence de la question qui relève des ressources humaines – attirer et conserver les collaborateurs - qui est, quant à elle, proportionnelle à la taille des entités. Les cabinets individuels sont 3% à en faire une priorité. Cette proportion s'élève à 13% pour ceux compris entre 6 et 10 personnes et à 18% pour ceux d'au moins 21personnes.
Des disparités selon le continent
Des disparités importantes se manifestent aussi selon la région du monde. La préoccupation technique est très prononcée en Afrique et au Moyen-Orient ainsi qu'en Amérique du nord. Elle l'est beaucoup moins en Asie et, dans une moindre mesure, en Europe. Sur le vieux continent, la préoccupation de conserver et d'attirer les clients fait presque jeu égal avec celle de la réglementation.
La comptabilité, source de croissance la plus rapide en 2011
Ce sondage montre aussi quels sont ont été en 2011 les leviers de croissance. Le domaine le plus dynamique est la comptabilité, dans 41% des cas. Viennent ensuite le conseil (26%) et la fiscalité (19%). L'audit ferme la marche, avec 15% des voix, peut-être en raison du nombre croissant de PME qui sont exemptées de l'obligation légale, avance l'Ifac. Là encore, ces résultats diffèrent selon la taille de l'entreprise. L'audit est d'autant plus porteur que la taille du cabinet est élevée. Pour la comptabilité, la situation est inversement proportionnelle à la taille de la structure.
Une année 2011 semblable à 2010
Autre enseignement, ce sont les nouveaux clients qui sont perçus comme le premier facteur de croissance, pour 38% des cabinets. Ce levier se place devant l'augmentation des revenus tirés des clients existants (20% des cabinets) et l'amélioration de l'efficacité opérationnelle (15% des répondants). Dans l'ensemble, l'année 2011 a-t-elle été meilleure que 2010 ? Ni l'un ni l'autre, révèle ce sondage qui montre en gros que la moitié des cabinets n'ont pas perçu de changement tandis qu'un bon quart a obtenu une progression et un petit quart une détérioration. Mais les cabinets moyens semblent avoir vécu une meilleure année que les structures petites. Une nuance... de taille !
(*) ce sondage a été réalisé par l'Ifac entre le 17 novembre 2011 et le 19 décembre 2011. 2441 cabinets y ont répondu : 47% de structures individuelles, 30% de structures de 2 à 5 personnes, 11% de structures de 6 à10 personnes, 6% de structures de 11 à 20 personnes et 6 % d'au moins 21 personnes.